Dépend-il de nous d'être heureux ?
- Explication du sujet :
Le sujet demande si notre bonheur dépend de nous. Il met l'accent sur la notion du bonheur, et questionne la portée de notre libre arbitre et de notre responsabilité dans l'obtention et la préservation de ce bonheur.
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Exemple 1 : Pour Platon dans "Le Banquet", le bonheur dépend principalement de la vertu, un état de l'âme qui est en notre pouvoir à cultiver. On peut donc penser que le bonheur dépend de nous.
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Exemple 2 : Chez Épicure (Lettre à Ménécée), le bonheur ou ataraxie, tranquillité de l'âme, dépend de la satisfaction des désirs nécessaires et naturels qui sont à notre portée. Encore une fois, le bonheur semblerait dépendre de nous.
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Exemple 3: Pour Sartre (L'Existentialisme est un humanisme), nous sommes condamnés à être libre, chaque individu est entièrement responsable de ce qu’il est. Ainsi, notre bonheur dépendrait intégralement de nous.
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Exemple 4 : Néanmoins, Kant (Critique de la raison pure), bien que l'homme a un libre arbitre, pose l'existence de limites, comme celles de la raison. Le bonheur dépendrait donc également de notre capacité à reconnaitre et respecter ces limites.
En conclusion, il semble que le bonheur pourrait dépendre de nous mais cela pourrait ne pas être absolument le cas.
- Du sujet à la problématique :
L'explicitation complète du sujet passe par la définition de ses principaux termes et la mise en relation de ces termes. Le sujet pose la question du bonheur, de sa portée et de notre libre arbitre à le réaliser.
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Dépendre: être soumis à, être conditionné par.
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Nous : ici, le nous fait référence à tout individu, être humain.
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Être heureux : C'est un état de satisfaction, de contentement, une condition où les désirs sont satisfaits.
La question implicite soulevée par le sujet pourrait se formuler ainsi : Dans quelle mesure avons-nous le contrôle sur notre bonheur ?
- La problématique :
La problématique serait : Quelle est la part de notre responsabilité dans la réalisation de notre bonheur et quelles en sont les limites ?
- Introduction rédigée:
Le bonheur est souvent la quête ultime de chaque individu. C'est un état de complète satisfaction, une réalisation de nos désirs, objectifs et aspirations. Cependant, sa réalisation semble être assujettie à de nombreux facteurs, parmi lesquels notre propre volonté et notre capacité à prendre en main notre destin. C'est ce que semble questionner le sujet « Dépend-il de nous d’être heureux ? » En d’autres termes, avons-nous le pouvoir de contrôler notre bonheur et, si oui, comment et dans quelle mesure ? Pour y répondre, nous nous appuierons sur les pensées de différents philosophes dont Platon, Épicure, Sartre et Kant.
5. Plan détaillé:
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I. Le bonheur semble dépendre de notre volonté et de notre action
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Platon soutenait que le bonheur est le fruit du travail mené sur notre âme à travers l'acquisition de la vertu.
- Exemple : "Le Banquet" de Platon où il explique le rôle de la vertu et de la connaissance dans la réalisation du bonheur.
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Pour Épicure, le bonheur est lié à la satisfaction des désirs nécessaires et naturels.
- Exemple : "Lettre à Ménécée" d'Épicure où il développe son concept de l'ataraxie.
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Sartre affirme que nous sommes intégralement responsables de notre bonheur car nous sommes "condamnés à être libres".
- Exemple : "L'Existentialisme est un humanisme" de Sartre où il développe sa conception de la liberté.
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II. Cependant, le bonheur ne dépend pas entièrement de nous
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Il existe des facteurs extérieurs à nous pouvant influer sur notre bonheur, tels que l'environnement, les circonstances, etc.
- Exemple : Dans "Les Confessions" de Rousseau, le philosophe souligne l'influence de l'extérieur sur le sentiment de bonheur.
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Certains philosophes, comme Schopenhauer, considèrent que le bonheur est impossible en raison de la structure même de notre volonté.
- Exemple : Dans "Le Monde comme volonté et comme représentation", Schopenhauer aborde la notion de volonté insatiable.
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Le bonheur peut demander une cette distance par rapport à soi-même, et une forme de sagesse là où on l'attend le moins.
- Exemple : La méditation de Marc Aurèle sur le bonheur dans "Pensées pour moi-même".
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III. Il existe néanmoins un équilibre entre ce qui dépend de nous et ce qui échappe à notre contrôle
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Aristote propose une conception modérée du bonheur, liée à une vie de vertu, mais également influencée par certains facteurs extérieurs.
- Exemple : L'Ethique à Nicomaque d'Aristote, où il développe l'idée du bonheur comme une forme d'équilibre.
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Kant, lui, insiste sur l’importance de la morale pour atteindre le bonheur.
- Exemple : La "Critique de la Raison Pure" de Kant.
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Enfin, une réponse pourrait être de trouver le bonheur dans l’acceptation de ce qui ne dépend pas de nous.
- Exemple : Stoïcisme, notamment avec Epictète et son "Manuel", où l'on doit apprendre à distinguer ce qui est en notre pouvoir de ce qui ne l'est pas pour être heureux.
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- Conclusion rédigée:
En conclusion, le sujet pose une question centrale sur la nature du bonheur et notre capacité à le contrôler. La quête du bonheur, qui semble être une aspiration universelle, implique une introspection sur nos désirs, nos choix et nos actions. Si le bonheur semble en partie dépendre de nous-mêmes, comme le suggèrent Platon, Épicure et Sartre, il est également clair que certains facteurs échappent à notre contrôle, comme le montrent Rousseau et Schopenhauer. Finalement, une réponse équilibrée pourrait être celle proposée par Aristote et Kant, qui voient le bonheur comme le résultat d'une vie de vertu et de l'acceptation de certaines limites. Ainsi, si le bonheur dépend en partie de nous, il est également lié à une intelligence et à une acceptation du monde tel qu'il est.