Le bonheur dépend-il uniquement de nous ?

  1. Explication du sujet :

Le sujet questionne si le bonheur est entièrement dans notre propre contrôle ou s'il dépend de facteurs extérieurs à nous-mêmes. Il interroge sur la nature du bonheur et la capacité de l'homme à le posséder ou à l'atteindre indépendamment de son environnement.

  • Exemple 1 : Aristote dans son Éthique à Nicomaque a soutenu que le bonheur est l'activité de l'âme en accord avec la vertu, donc une action plus qu'une émotion, entièrement dépendante de nos propres choix.
  • Exemple 2 : Epicure, quant à lui, considère que le bonheur, l'atteinte de l'ataraxie (un état de tranquillité), dépend à la fois de nous et de notre environnement, en particulier en évitant la douleur.
  • Exemple 3: Pour la tradition stoïcienne, illustrée par Epictète, notre bonheur ne doit dépendre que de ce qui est en notre pouvoir pour atteindre l’apathie (absence de troubles).
  • Exemple 4 : Dans un contexte plus moderne, le philosophe John Stuart Mill argumentait que la recherche du plaisir, c'est-à-dire le bonheur, est une question de qualité plutôt que de quantité, suggérant une dépendance à la fois interne (du soi) et externe (du monde).

De ces exemples, il semble que le consensus philosophique penche vers une idée que le bonheur dépend à la fois de nous et de nos circonstances.

  1. Du sujet à la problématique :

Pour déchiffrer cette question, nous devons examiner de plus près les mots "bonheur", "dépend" et "uniquement" de nous.

Le "bonheur", dans une perspective philosophique, est traditionnellement considéré soit comme un état d'esprit émotionnel (une sensation de plaisir ou de satisfaction), soit comme un état d'être (une réalisation de soi ou un épanouissement).

"Dépend" fait référence à une dépendance, ce qui peut signifier qu'il est soit entièrement en notre contrôle (c'est-à-dire dépend de nous), soit contingent de facteurs extérieurs à nous-mêmes.

"Uniquement" suggère que le sujet nous questionne si le bonheur est entièrement en notre contrôle, sans aucune influence ou dépendance extérieure.

Les deux premiers termes - le "bonheur" et "dépend" - sont des concepts centraux en philosophie, tandis que "uniquement" est un repère important, indiquant une demande d'absolutisme.

La question implicite posée par le sujet est: le bonheur est-il entièrement en notre contrôle, ou est-il affecté par des facteurs extérieurs à notre contrôle?

  1. La problématique :

La problématique pourrait être formulée de la façon suivante : Dans quelle mesure le bonheur est-il déterminé par les conditions personnelles, les attitudes et les actions, et dans quelle mesure est-il le produit de facteurs extérieurs indépendants de notre volonté ?

  1. Introduction rédigée:

Le sujet que nous avons à traiter pose la question d'une possible autarcie du bonheur. C'est-à-dire, il nous questionne sur la possibilité ou l'impossibilité de le réaliser uniquement par soi-même, sans aucun impact du monde environnant ou des circonstances de la vie. La question semble simple, mais elle nous place immédiatement sous l'horizon d'une problématique cruciale et complexe : comment le bonheur est-il réellement atteint ou conçu? Nous avons dans un premier temps à comprendre la notion du bonheur, la deuxième tâche nécessite une exploration des dépendances du bonheur. Finalement, nous examinons la portée de la condition humaine sur ces dépendances.

  1. Plan détaillé:
  • I. Le bonheur comme autonomie

    1. Le bonheur comme réalisation personnelle

      • Exemple : La vision d'Aristote du bonheur comme vertu.
    2. L'individualisme et le bonheur

      • Exemple : Leibniz et l'optimisme métaphysique, le meilleur des mondes possibles selon le soi.
    3. L'importance du contrôle/la maîtrise de soi dans le bonheur

      • Exemple : Epictète et l'indifférence stoïcienne.
  • II. Les conditions extérieures du bonheur

    1. Le bonheur comme social

      • Exemple : L'approche de Marx, le bonheur comme produit du contexte social et économique.
    2. Le bonheur et le hasard

      • Exemple : Spinoza et la place de la fortune.
    3. Les limites du bonheur

      • Exemple : Schopenhauer et le désir insatiable.
  • III. Les conditions mixtes du bonheur

    1. Le bonheur est un mélange entre le soi et l'extérieur

      • Exemple : Epicure et le plaisir tranquille.
    2. La recherche du bonheur

      • Exemple : La notion moderne du bonheur de John Stuart Mill.
    3. La réalité du bonheur: entre nous et la circonstance

      • Exemple : La position de Sartre sur la liberté comme bonheur et fardeau.
  1. Conclusion rédigée:

L'examen de ces différentes perspectives sur le bonheur montre qu'il est un concept à la fois simple et complexe. Il est simple en ce sens qu'il est universellement désiré, mais complexe en ce qu'il est façonné par une multitude d'influences tant internes qu'externes. Malgré les divergences, un point commun semble ressortir des philosophies explorées : le bonheur repose en partie sur une attitude ou un état d'esprit, et en partie sur les conditions extérieures. Il n'est ni entièrement dans notre contrôle, ni entièrement hors de notre contrôle. On pourrait donc conclure que la question "le bonheur dépend-il uniquement de nous" est trompeuse en soi. Le bonheur dépend à la fois de nous et de facteurs qui sont hors de notre contrôle. Cette dualité est peut-être ce qui rend la quête du bonheur à la fois fascinante et frustrante.