L'essentiel à savoir :
Le devoir est un concept éthique et moral qui faire référence à une obligation morale à laquelle l'individu se sent tenu. Ce n'est pas une contrainte extérieure, mais plutôt une exigence intérieure qui oriente notre action vers le Bien et le Juste.
- Exemple 1 : L'exemple du civisme, en tant que devoir de chaque citoyen de respecter les lois et de contribuer au bien commun.
- Exemple 2 : Le devoir de l'écolier qui, bien qu'il n'en ait pas nécessairement envie, se sent obligé de faire ses devoirs.
- Exemple 3 : Le devoir du médecin qui malgré son épuisement, continue de soigner ses patients car il respecte le serment d'Hippocrate.
- Exemple 4 : Le devoir de vérité, souvent mis en avant comme une norme morale suprême, mettant en avant l'importance de l'honnêteté dans nos relations avec les autres.
Le concept de devoir trouve sa pleine expression dans la philosophie morale de Kant. Selon Kant, la moralité n'est pas une question de conséquences, mais de respect des règles morales. Nous devons agir non parce que l'action est utile ou agréable, mais parce qu'elle est juste. Il articule cela à travers sa formule de l'impératif catégorique : "Agis seulement selon la maxime qui te permettrait en même temps de vouloir qu'elle devienne une loi universelle".
- Exemple 1 : Kant illustre son idée du devoir à travers l'exemple du mensonge : mentir est immoral car si nous faisons du mensonge une règle universelle, la confiance entre les individus disparaîtrait.
- Exemple 2 : La philosophie de Rousseau, où le devoir rejoint la loi naturelle : le devoir est ce qui est naturellement bon pour l’homme dans l'état de nature.
- Exemple 3 : L'éthique de la responsabilité de Hans Jonas : le devoir de prendre soin du futur et de l'environnement comme une extension de la responsabilité éthique.
- Exemple 4 : Le "Devoir de Justice" de John Rawls, axé sur l'équité et la justice sociale.
Plusieurs perspectives peuvent être envisagées pour analyser la notion de devoir:
- Exemple 1 : La perspective déontologique, qui évalue la moralité d'une action sur la base de règles rigides.
- Exemple 2 : La perspective conséquentialiste, qui se focalise sur les résultats d'une action pour déterminer si elle est juste.
- Exemple 3 : La perspective existentielle, avec Sartre par exemple, selon laquelle le devoir est défini par notre liberté et nos propres valeurs.
- Exemple 4 : La perspective d'Aristote, pour qui le devoir est lié à l'exercice de la vertu et à la recherche du bonheur.
- Exemple 5: La perspective de Nietzsche, qui critique la notion de devoir comme une forme d'oppression et plaide pour une moralité plus libératrice.
Les philosophes du XXe siècle, tels que Derrida et Levinas, ont approfondi la question du devoir:
- Exemple 1 : Levinas, qui a parlé de "l'infinité du devoir", suggérant que notre responsabilité éthique envers les autres est sans limites.
- Exemple 2 : Derrida, qui a théorisé le concept de "l'hospitalité inconditionnelle" en tant que devoir éthique ultime.
- Exemple 3 : Heidegger, qui, dans Être et Temps, relie d'une certaine manière le devoir à l'idée d'authenticité.
- Exemple 4 : Foucault et son approche radicale du pouvoir, où le devoir est souvent lié à des structures de pouvoir.
- Exemple 5 : Sartre, pour qui la notion de devoir est intrinsèquement liée à notre liberté.
Pour conclure, la notion de devoir est un concept clé de la philosophie morale. Elle renvoie à une obligation morale, une exigence interne qui nous pousse à faire le bien et le juste. De Kant, qui voit dans le devoir une nécessité catégorique, à Rousseau, pour qui le devoir est naturel à l'homme ; de Derrida avec son hospitalité inconditionnelle à Levinas et son infini devoir envers l'Autre, la notion de devoir illustre la complexité et la diversité des approches éthiques en philosophie. Toutefois, malgré ces variations, le devoir reste généralement perçu comme une force motrice vers une vie morale et éthique, invitant chacun à agir non pas par intérêt, mais par égard à ce qui est juste.