Qu’avons-nous à gagner à faire notre devoir ?
- Explication du sujet :
Le sujet nous invite à questionner la relation entre devoir et gain. Il y a une supposition implicite que l'accomplissement du devoir doit donner quelque chose en retour, que ce gain soit matérialiste ou moralement significatif. Dans notre culture, le sens commun tend à présenter le devoir comme essentiellement contraignant, opposé au désir et à l'épanouissement personnel.
- Exemple 1 : Pour Kant, le devoir est le propre de la liberté. C’est faire notre devoir qui nous libère en nous faisant échapper à l’emprise des désirs et des passions. Ici, le gain est une liberté morale.
- Exemple 2 : Dans une perspective plus utilitariste, comme exposée par Bentham, on pourrait voir que le devoir accompli nous fait éviter des conséquences négatives, comme des sanctions judiciaires par exemple.
- Exemple 3: Le stoïcien Marc Aurèle, dans ses "Méditations", nous enseigne que faire notre devoir est en soi un gain, car cela nous aligne sur le bon ordre du monde.
- Exemple 4 : Montesquieu, dans "De l'Esprit des Lois", nous rappelle l'importance du devoir civique. Faire notre devoir de citoyen nous garantit la sécurité et la tranquillité.
S'engager dans l'accomplissement du devoir, quel que soit le domaine, implique donc bien un gain, mais celui-ci peut revêtir des formes très variées.
- Du sujet à la problématique :
Le passage du sujet à la problématique nécessite une réflexion approfondie sur les termes clés "devoir" et "gagner".
Le devoir est une obligation, qu'elle soit morale, légale ou sociale. La notion de devoir est donc étroitement liée à la notion d’obligation.
Gagner évoque l’idée de profit, d'avoir plus qu'auparavant, que ce soit matérialiste ou moralement.
Par conséquent, la question implicite posée par le sujet pourrait être : Quel bénéfice, matériel ou moral, pouvons-nous obtenir à assumer nos obligations ?
- La problématique :
La problématique pourrait être exprimée ainsi : En quoi l'accomplissement de notre devoir peut-il être source de gain et de quelle nature peut être ce gain ?
- Introduction rédigée:
Le sujet proposé s'interroge sur le lien entre l'accomplissement du devoir et le gain personnel qui en résulte. Dans notre vie quotidienne, nous assumons souvent des responsabilités et remplissons des obligations, agissant en accord avec notre sens du devoir. De telles actions peuvent souvent sembler lourdes et contraires à nos désirs initiaux. Cependant, derrière cette question se cache une grande variété de perspectives et d'interprétations philosophiques expliquant pourquoi l'accomplissement du devoir peut apporter un gain, que ce soit immédiat ou à long terme. Du point de vue de Kant à celui de Bentham, le concept de devoir est profondément enrichi et vise à démontrer qu'il ne fait pas nécessairement obstacle à notre bonheur ou à notre épanouissement, mais peut être une voie vers eux. Ainsi, la question devient : En quoi l'accomplissement de notre devoir peut-il être source de gain et de quelle nature peut être ce gain ?
5. Plan détaillé:
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I. Le devoir comme voie vers la liberté
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L'accomplissement du devoir comme échappatoire à l'emprise des désirs et des passions.
- Exemple : La philosophie morale de Kant.
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Le devoir comme expression de la liberté.
- Exemple : Le stoïcisme de Marc Aurèle.
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Le devoir comme garantie d'une communauté fidèle à elle-même.
- Exemple : Montesquieu et le devoir civique.
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II. Le devoir comme protection contre les conséquences négatives
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Le devoir comme évitement des sanctions.
- Exemple : La theorie utilitariste de Bentham.
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Le devoir comme moyen de maintenir l'ordre social.
- Exemple : Le concept de contrat social chez Rousseau.
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III. Les limites du gain par le devoir
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Le devoir peut être oppressant et contraint.
- Exemple : La critique de Nietzsche sur la morale du devoir.
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Le devoir peut être vide de sens sans amour et compassion.
- Exemple : Soren Kierkegaard sur l'amour comme devoir.
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Le devoir comme obstacle à la quête du bonheur.
- Exemple : La philosophie épicurienne.
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- Conclusion rédigée:
Faire son devoir n'est pas toujours agréable. Il semble parfois que les contraintes imposées par l'éthique, la loi ou la coutume limitent notre liberté et entravent notre recherche personnelles. Cependant, la question n'est pas de savoir s'il est agréable de faire son devoir, mais plutôt quel bénéfice nous pouvons en retirer. On a vu qu'il y a beaucoup à gagner à faire son devoir selon différents philosophes : liberté morale, protection contre des conséquences négatives, engagement dans une communauté. Toutefois, ces gains présentent aussi des limites et peuvent parfois se transformer en oppression et en obstacle à notre quête personnelle de bonheur. En fin de compte, la véritable question ne réside peut-être pas dans le gain que nous permet l'accomplissement de notre devoir, mais dans notre capacité à intégrer ce devoir dans une vie harmonieuse et épanouissante.