Que devons-nous à l’État ?
- Explication du sujet :
Le sujet demande ce que nous devons à l'État, et soulève immédiatement des questions pertinentes, telles que la nature de l'obligation que les citoyens ont envers l'État et les formes que cette obligation peut prendre.
- Exemple 1 : Chez Hobbes, dans le Léviathan, nous devons à l'État notre sécurité et notre protection, c'est lui qui garantit nos droits et assure l'ordre social. En échange de cela, nous lui devons obéissance.
- Exemple 2 : Pour Locke, dans le Traité du Gouvernement civil, les citoyens doivent leur gouvernement à l'État, mais celui-ci doit respecter leurs droits naturels, à savoir : la vie, la liberté, et la propriété. Donc, en principe, les citoyens lui doivent respect et fidélité tant que ces droits sont garantis.
- Exemple 3: Chez Rousseau dans Du Contrat social, nous devons à l'État notre liberté politique. L'État est le résultat du contrat social par lequel les individus abandonnent leur liberté naturelle en échange de la liberté civile.
- Exemple 4 : Pour Rawls, dans Une Théorie de Justice, nous devons à l'État le respect des principes de justice qui commandent la structure de base de la société et redistribuent équitablement les biens. Nous lui devons donc respect des lois et contribution à la solidarité sociale.
En somme, le sujet nous invite à réfléchir sur les obligations, souvent implicites, que nous avons à l'égard de l'État.
- Du sujet à la problématique :
Le terme "devons" dans le sujet évoque l'obligation ou le devoir. L'obligation peut être légale, morale ou sociale. "L'État", à son tour, renvoie à l'organisation politique et administrative d'un pays, c'est l'instance qui a le contrôle ultime de l'usage de la force dans une société.
- "Devoir" s'oppose à la contrainte dans le sens où le premier est une obligation plus éthique, qui a une légitimité, tandis que la seconde est une imposition indépendante du consentement.
- "État" se distingue : du "privé" (il s'agit du domaine des affaires publiques, contrairement au domaine privé), de la "société" (si l'État est l'organisation politique, la société représente l'ensemble des individus qui composent une communauté), de la "nation" (l'État est une entité politique et légale tandis que la nation est une entité historique et culturelle).
La question implicite du sujet peut être : Quelle est la nature de la dette que les citoyens ont envers l'État, et comment devrions-nous la rembourser ?
- La problématique :
La problématique pourrait être exprimée ainsi : Quelle est la nature de notre obligation envers l'État et comment se manifeste-t-elle concrètement ?
- Introduction rédigée:
Le sujet de cette dissertation concerne le rapport entre l'individu et l'État, l'obligation ou le devoir que nous avons envers celui-ci. C'est une question ancienne qui remonte aux origines de la philosophie politique. Platon, Aristote, Hobbes, Locke, Rousseau, entre autres, ont réfléchi à la nature de l'État et aux responsabilités de l'individu envers celui-ci. Aujourd'hui, alors que nos sociétés sont de plus en plus polarisées et que la méfiance envers les institutions est croissante, la question de notre obligation envers l'État est plus pertinente que jamais. La question qui se pose alors est : Quelle est la nature de notre obligation envers l'État et comment se manifeste-t-elle concrètement ?
- Plan détaillé:
-
I. La nature de notre devoir envers l'État
-
La soumission à l'État selon Hobbes
- Exemple : Hobbes considère que nous devons obéissance à l'État en échange de notre sécurité.
-
Le devoir de respecter les lois
- Exemple : Pour Locke, nous devons obéissance aux lois de l'État tant qu'il respecte nos droits naturels.
-
La contribution à la solidarité sociale
- Exemple : Rawls soutient que nous devons à l'État de respecter les principes de justice qui commandent la structure de base de la société et répartissent équitablement les biens.
-
-
II. Les manifestations concrètes de notre devoir envers l'État
-
Le payement des impôts
- Exemple : Dans de nombreuses sociétés, les citoyens doivent à l'État le paiement des impôts pour financer les biens et services publics.
-
Le respect des lois
- Exemple : Pour Cicéron, nous devons à l'État de respecter les lois, c'est une obligation qui découle de notre condition de citoyens.
-
La participation à la vie publique
- Exemple : Pour Rousseau, la participation à la vie publique est un devoir des citoyens envers l'État.
-
-
III. Les limites de notre devoir envers l'État
-
La désobéissance civile
- Exemple : Thoreau soutient que la désobéissance civile est un droit voire un devoir lorsque l'État agit de manière immorale.
-
Le droit de révolte
- Exemple : Pour Locke, si l'État viole nos droits naturels, nous avons le droit de nous révolter.
-
L'objection de conscience
- Exemple : Pour S. de Beauvoir, il est parfois nécessaire de s'opposer à l'État par objection de conscience, notamment dans les régimes totalitaires.
-
- Conclusion rédigée:
En conclusion, il semble évident que nous devons beaucoup à l'État : obéissance, respect des lois, paiement des impôts, participation à la vie publique. Cependant, tous ces devoirs sont assujettis à certaines conditions. Ils dépendent du respect par l'État de nos droits et libertés. Si ces conditions ne sont pas remplies, des notions comme la désobéissance civile, le droit de révolte, ou l'objection de conscience deviennent pertinentes. Ainsi, tout en reconnaissant le devoir que nous avons envers l'État, nous devons aussi reconnaître le pouvoir que nous avons en tant que citoyens de tenir l'État responsable de ses actions et de défendre nos droits et nos libertés.